Alternance : ça ne dépend pas (que) des candidats

Alternance : ça ne dépend pas (que) des candidats

Depuis le début de l’année, et plus intensément depuis la période de précampagne, les camerounais invitent les candidats de l’opposition à faire bloc pour affronter ensemble le candidat sortant qui, il faut le dire, met tous les moyens en sa possession (autant le matériel, les fonds que les agents de l’État) pour s’assurer qu’au soir du 7 octobre, le pouvoir ne change pas de camp.

Les faits tendent pourtant à indiquer que la coalition est une option qui n’est pas envisagée par les candidats – malgré ce qu’ils veulent bien faire croire –, et en conséquence on observe de la part des électeurs une sorte de découragement teintée de résignation, comme si les résultats du scrutin à venir étaient déjà connus, et que, comme c’est le cas depuis 36 ans déjà, le Cameroun continuera à être dirigé par ces même personnes qui jusqu’aujourd’hui, ne fait qu’entrainer le pays dans le gouffre de l’endettement et du sous-développement.

Pour certains camerounais, l’alternance n’est pas possible sans une coalition des partis de l’opposition. Même la foule, parfois très nombreuse, présente aux différents meetings des candidats ne semble pas donner plus d’espoir aux électeurs que le scepticisme le plus tenace semble habiter. On peut les comprendre, le RDPC s’est toujours montré impitoyable quand il s’agit d’user de différentes méthodes pour s’assurer la victoire lors des différentes échéances électorales.

La résignation que quelques électeurs affichent quant à l’issue de l’élection présidentielle dessert une seule personne : le peuple camerounais qui subit depuis 36 ans au moins. Ce que ces derniers semblent oublier, c’est que le changement tant voulu, le changement que tous espèrent, ne passera par personne d’autre que par eux-mêmes. Faire penser que sans coalition tout espoir est perdu est une stratégie bien ficelée qui risque de causer des dégâts si on se laisse prendre au piège.

Au moment où on s’avance vers la date fatidique, je suis sûr d’une chose : les candidats de l’opposition ont fait leur part. On a tous vu l’énergie qu’ils ont déployée pour sillonner le pays malgré les restrictions budgétaires auxquelles ÉLECAM les a soumis. On a tous vu les efforts qu’ils ont faits pour mettre à la disposition des camerounais les programmes politiques, économiques et sociaux pour que les choix soient faits de façon objective, et on voit à quel point ils font des efforts pour rester en contact avec les populations autant physiquement que virtuellement.

Actuellement, c’est au tour des électeurs de jouer leur partition en s’assurant que, le jour-j, ils aillent effectivement aux urnes et fassent leur choix en leur âme et conscience. Ceux qui veulent l’alternance ont le choix entre 8 candidats, sachant que le candidat sortant a fait ses preuves en 36 ans et a prouvé qu’il n’a jamais rien eu à offrir. D’ailleurs pour l’élection du 7, il n’a présenté comme programme qu’un livre vieux de 31 ans et introuvable sur le marché.

Je vais emprunter quelques phrases à Tchakounté Kemayou qui contribue également sur cette plateforme :

« Il appartient aux Camerounais de prendre leurs responsabilités : aller voter et parmi les 8 candidats de l’opposition, choisir l’un d’eux. Si un Camerounais choisit de ne pas aller voter ou même d’aller voter en choisissant Biya parce qu’il n’y a pas eu de coalition de l’opposition, la faute lui revient. Inutile d’accuser les opposants parce qu’on a refusé de prendre ses responsabilités »

On n’a pas la garantie qu’après cela le régime sera renversé – de même qu’on n’a pas l’assurance qu’une coalition parviendra à le renverser – mais une chose est sure : on aura fait un pas vers le changement. C’est progressif, c’est un pas après l’autre.

En ce qui me concerne, le 7 octobre j’irai voter. Mon choix n’est pas encore arrêté, mais ce qui est sûr c’est qu’il se trouve parmi les 8 candidats de l’opposition.

Fotso Fonkam
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