Le G20 peut-il influencer l’élection présidentielle prochaine ?

Le G20 peut-il influencer l’élection présidentielle prochaine ?

Depuis l’annonce de leur coalition crée pour soutenir de la candidature du président Paul Biya à l’élection présidentielle prochaine, les membres du G20 sont sous le feu des projecteurs et semblent pouvoir peser sur le scrutin du 7 octobre prochain.

Le 20 juillet dernier, une coalition de 20 partis qui se réclament de l’opposition ont créé une coalition pour apporter leur soutien au candidat du parti au pouvoir, qui venait de se déclarer candidat à sa propre succession quelques jours après avoir convoqué le corps électoral. Une sortie qui a créé des remous dans le paysage politique, surtout que plusieurs citoyens espéraient une coalition des partis de l’opposition, mais pas pour soutenir le candidat du parti au pouvoir.

Les raisons d’un soutien

Les jours qui ont suivi la création de ce groupe affectueusement appelé le G20, certains de ses leaders ont tenu à expliquer leur action qui, disent-ils, va dans l’intérêt de leurs militants et du peuple camerounais. Des arguments presque similaires à ceux avancés par les militants du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.

Pour résumer les raisons avancées par ceux des membres qui ont donné des interviews après la création de la coalition, le G20 est convaincu que le président Paul Biya ne sera pas candidat après cette élection, et préfère lui laisser l’opportunité de garantir la paix au Cameroun, surtout avec les tentatives de déstabilisation auxquelles le pays est confronté actuellement. M. Biya, disent-ils, est le meilleur risque.

Me Jean de Dieu Momo, leader autoproclamé du G20, avance également que c’est devant l’incapacité de l’opposition à s’unir pour affronter le parti au pouvoir et son candidat naturel qu’il a décidé de lui accorder son soutien pour le scrutin du 7 octobre prochain.

Le poids politique de la coalition

Parmi les membres du G20, il y en a qui étaient déjà candidats aux élections présidentielles face à leur nouvel allié, ou qui étaient membre de partis qui ont affronté le RDPC lors des scrutins. Selon la démonstration faite par Me Momo, Paul Biya sortira vainqueur en 2018. Quel donc, sera l’apport du G20 dans tout ça ?

Les statistiques de l’élection présidentielle de 2011 montrent que les 5 membres du G20 qui ont participé au scrutin totalisent à eux tous 82.700 voix, soit 1,70 % des suffrages valablement exprimés. Les autres sont pour la plupart des inconnus qui, soyons honnêtes, ne pèsent pas plus qu’une poignée de voix.

Moins de 2% des voix c’est un peu léger pour espérer peser d’une quelconque façon sur le scrutin prochain, avouons-le. Ceci veut dire que le G20 quel que soit le camp dans lequel il se retrouve, ne peut en rien influencer le choix du candidat à la présidentielle 2018, si on s’en tient aux résultats de 2011 (qui sont la base des opérations mathématiques que Me Momo a faites pour déclarer son nouvel allié vainqueur) et si on considère que ses membres les plus influents ne se sont pas vraiment donné la peine de se déployer sur le terrain ou bien sur les réseaux sociaux comme d’autres candidats de l’opposition.

Pourquoi la coalition ?

Il semble évident que, qu’ils soient pris séparément ou bien en groupe, les membres du G20 ne pèsent pas très lourd sur l’échiquier électoral. Pourquoi donc former une coalition ? Difficile à dire, mais mon avis c’est qu’il s’agit de stratégie et de positionnement. Depuis plusieurs jours, certains membres du groupe bénéficient d’une exposition aux médias qu’ils n’auraient jamais eue autrement. Même sur les réseaux sociaux, leurs comptes sont plus visités qu’avant. Tout cela attire l’attention sur eux, et les met au devant de la scène politique. Cela multiplie leurs chances, en cas de réélection du président Paul Biya, qu’ils aient droit à leur part du « gâteau ».

Photo : AFP/Landry Nshimiye

Fotso Fonkam
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